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Bon, réveil brutal ce matin… 7h, quatre fortes explosions, suivies de 2 autres 30 minutes plus tard… On s’y attendait, faut dire, vu les fanfaronnades de Nasrallah à la télé la veille. Le Olmert, il n’a pas beaucoup apprécié se faire traiter de crétin par « l’honorable » barbu en direct devant des millions de téléspectateurs. Du coup, nuit de feu à Beyrouth et ce matin, 3 ponts détruits à Jounieh, Maameltein et à Batroun. Pas des petits ponts en fait, mais des ponts autoroutiers sur le plus grand axe libanais, celui qui relie Tripoli au nord à Beyrouth. C’est même un peu culotté de frapper cette route à 7h du mat, car tous les gens qui descendent à Beyrouth passent par là le matin. Heureusement, il ne semble pas y avoir de victimes… grosse chance, si c’est le cas.
Alors, que penser ? Hier soir, nous étions plutôt confiants, avant l’intervention du cheikh du parti de Dieu. Les français semblaient avoir persuadé les ricains de régler le problème politiquement avant d’envoyer une force d’interposition. Les juifs semblaient avancer confortablement sur 4 axes au Sud. Ca sentait la fin. Et puis, l’intégriste pileux est apparu en plein milieu des nouvelles, sans s’annoncer. Comme les martiens pendant le discours de Nicholson dans Mars Attack ! Pas besoin de traduction pourtant, juste écouter le ton et regarder les yeux. Voix douce, sûre, termes précis : c’était clair que le type était en forme et que son discours allait faire mal. Résultat des courses : ce matin, c’est l’enfer. Pendant que je vous écris, je vois à la télé de nouvelles destructions : une centrale électrique dans la Bekaa, un pont plus au nord de Beyrouth à Halate. Voilà ce qui se passe quand on excite l’hébreu. On raconte cette histoire : deux pilotes de F16 de tsahal discutent : l’un dit : t’es en vacances ce week-end ? L’autre : Non, je fais le pont…
On se demande maintenant ce qu’il va se passer : visiblement, la solution diplomatique se heurte à deux conceptions fondamentales : les français pensent que la paix s’obtient par le droit, c'est-à-dire supprimer les causes de la frustration des mécontents, pour ne plus leur donner de raisons de se révolter. Les américains pensent, eux, que la paix ne peut s’imposer que par la force : il y a paix quand un des deux protagonistes est plus fort que l’autre. Et c’est ce qui se passe maintenant : les USA veulent imposer une sorte de force de dissuasion occidentale, qui assoira la victoire militaire israélienne. Le problème, c’est que celle-ci tarde à venir, d’où le refus des USA de demander un cessez-le-feu. Le déséquilibre des forces en présence n’est pas encore suffisamment favorable à Israël pour l’instant. Les français appuient de leur côté le plan de Siniora, notre premier ministre, plan accepté par toutes les parties religieuses et politiques au Liban (à l’exception de quelques marginaux comme les pro-syriens emmenés par Michel Aoun). Ce plan redonne au Liban son droit et supprime les raisons de la résistance. Mais il demande de fortes concessions à Israël, comme de se retirer des fermes de Chebaa, ou de libérer les prisonniers. Ces concessions seraient perçues comme des victoires pour la résistance islamique, ce qui apparaît inacceptable pour les hébreux. Là où les américains se trompent, et ils se trompent souvent (VietNam, Iraq, Afghanistan…), c’est que les islamistes n’en ont rien à faire de l’équilibre de ta terreur ou de l’imposition des conditions de la force. Jusqu’au denier, ils combattront, ils sont prêts à y passer 100 ans, de toute façon, le droit est de leur côté, et Dieu aussi. Et ça, ça ne s’empêche pas. Ni par la force, ni par l’argent… Quoique l’argent…
Donc, nous sommes dans l’impasse. Ici les gens commencent vraiment à en avoir marre. Les conditions de vie deviennent impossibles, pas tellement les conditions matérielles, mais plutôt cette sensation que plus rien n’est possible, que sortir de chez soi devient un geste irresponsable et que notre vie est en jeu à chaque visite à l’épicerie. Ma belle-sœur avait supplié son mari de l’emmener manger dans un petit resto mexicain à Jbeil, juste en face de là où j’ai célébré mon mariage. Ben voilà, la route est détruite. Mon autre belle-sœur devait rejoindre sa maison de vacances à Feghal, un petit village au dessus de Batroun. Et poum le pont pour y aller. Nous resterons donc tous à la montagne… Jusqu’à quand ?
Hier, je suis descendu à Beyrouth pour corriger des examens de rattrapage pour 3 étudiants. 7,8, 10, c’était pas fort. Je me suis demandé si j’allais encore avoir ces crétins l’an prochain en classe. Puis, je me suis dit : quelle classe ? Comment imaginer une rentrée dans ces conditions ? Le pays est découpé en petits morceaux. Personne ne peut se déplacer. La rentrée est prévue pour le 18 septembre. Y’a visiblement peu de chance qu’elle ait lieu à cette date. M’enfin.
Voilà, les nouvelles ne sont pas géniales aujourd’hui. Le pire. C’est que le championnat commence ce soir et il est hors de question d’aller à Beyrouth pour écouter Canal+. J’espère qu’une télé arabe va donner le match… ;-)
Bon, je dois écrire un article pour le site de mon frère, www.lesbleus.com. Allez-y pour rire des conneries qui y sont dites ou pour gagner des milliers de cadeaux en pronostiquant les matchs de championnat de Ligue 1.
La bise,
Stef
vendredi, août 04, 2006
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2 commentaires:
Stef juste pour te remonter un peu le moral apres le discours du barbu dhier soir
il sentait bon la defaite ce discours
Depuis quand Nasralla declare : j'arrete de taper si vous arretez?
Il a quand meme demande aux pays arabes de parler avec les US, tiens tiens...
il a aussi parle de perdre une bataille et non pas les guerres suivantes...
Enfin moi perso je sens que c le debut de la fin... d'ici une semaine tout devrait etre termine, surtout si le gouvernement a compris le message d'Olmert : desolidarisez une bonne fois pour toutes du Hezb et on vous fout la paix! In challah
Medea
NSU - 4ever, 5210 - rulez
mudila
mudila
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