(Photos AFP / NowLebanon - Merci...)

L'opposition, dont le Général Aoun, parle de libération. Le pays est enfin libéré de tous ces vendus à Israël, tous ces agents de Bush et de Sarko. Enfin !
En ce qui me concerne, j'ai bien de la difficulté à comprendre ce qu'il se passe... Le blocage politique faisait finalement l'affaire des uns et des autres. Sauf, si l'on considère que le tribunal international pour le Liban se rapproche, et que certaines parties n'ont pas du tout intérêt à ce qu'il commence à fonctionner. Il était peut-être temps pour ces "certains" de reprendre le dessus en prévision de l'ouverture du procès.
Ce qui va se passer maintenant ? L'opposition va évidemment organiser un nouveau gouvernement, puis préparer les élections de 2009 et s'arranger pour reprendre le contrôle de la chambre des députés, afin d'élire un président choisi par l'Iran et la Syrie. Ca, c'est si le Hezb joue le jeu démocratique. Tout le monde sait bien ici que la "raison d'état de résistance" du Hezb leur permet de trouver toutes les bonnes excuses pour ne pas respecter ni la loi, ni les institutions, ni la constitution.
Donc, en fait, on ne sait pas ce qu'il va se passer. Comment vont réagir les USA et Israël ? Comment vont se comporter les membres de la coalition de l'ancien pouvoir pro-occidental ? Et les 20000 casques bleus, au Sud ? Je vais essayer de garder ce blog à jour pour vous tenir au courant.

En ce qui nous concerne, nous ne sommes pas réellement en danger. Notre ville, Hadath, est proche de la banlieue sud, fief de Hezbollah, mais il n'y a ici ni sunnites, ni druzes, c'est à dire que Hezbollah ne considère pas Hadath comme un lieu stratégique. Et puis les combats se sont concentrés à Beyrouth Ouest et au Sud de l'aéroport.
On écoute la télé. On lit les news sur Internet et on passe notre journée au téléphone en appelant les amis et en leur posant la question : que va t-il se passer ? Chou baddo sir ?
J'ai fait quelques courses ce matin au supermarché : il y avait plus de monde que d'hab, avec des gens qui achetaient du riz et des pâtes. Des étrangers surtout. Sinon, rien de différent avec d'habitude... Les écoles et universités sont fermées et les gens qui travaillent à Beyrouth (comme mon beau-frère Bob) sont restés chez eux. Mon beau-père nous a demandé cette nuit de tenir une ou deux valises prêtes à mettre dans les voitures pour rejoindre la maison à la montagne, au cas où. J'ai regroupé quelques trucs utiles ou précieux dans un sac, mais disons que nous n'avons pas de pression pour l'instant.
Donc, pas de souci direct, mais plutôt une situation d'expectative assez énervante. Myriam vit cela beaucoup moins bien que moi... elle veut partir d'ici.
Voilà pour ce premier post de cette nouvelle situation. Une drôle de guerre à l'envers. Je vous laisse les interprétations géostratégiques : elles sont évidentes. Je vais plutôt essayer de vous montrer ce que ce changement radical (certains diront "coup d'état") va changer dans notre vie quotidienne.
Je me souviens de cet article écrit dans la Presse de Montréal, quelques jours avant le référendum de 1995 : "Québec m'a tuer" (Faute volontaire, pour singer la célèbre phrase de Omar, l'accusé du meurtre de je ne sais plus qui, dans le sud de la France).
Aujourd'hui, Liban m'a tuer. Quelle déception. Quelle tristesse.
A plus...

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