dimanche, mai 11, 2008

Boum boum

J'ai beau expliquer à Rami que c'est l'orage qui arrive, il me répond, mais non, papa, ce sont les fusils !

Beau dimanche, les combats se sont calmés à Beyrouth. Mon beauf et ma belle mère sont chez nous : j'ai fait du indian butter chicken et Mima a fait un super cake banane-chocolat. Nous sommes assis dans le salon. Et tout d'un coup, les murs tremblent. Boum. Boum-boum.

A deux kilomètres au sud de chez nous, a Choueiffate, une ville peuplée majoritairement de musulmans druzes et de chrétiens, plusieurs nuages de fumée s'élèvent : pour la première fois depuis, mercredi, date du début de l'offensive militaire de l'opposition contre les forces démocratiques, on assiste à un bombardement à l'artillerie. Le bruit est assourdissant, il vient de la zone située entre l'aéroport et la route de Saïda, fief du Hezb. On allume la télé : le hezb a attaqué la montagne druze et les supporters de Joumblatt, le seigneur de la montagne et chef du Parti socialiste progressif (PSP) sont déjà sommés de se rendre à l'armée libanaise... Les tirs s'intensifient : Myriam décrète l'état d'urgence : on prépare nos affaires en vue d'une fuite précipitée vers notre maison à la montagne. Rami emballe sa playstation en toute urgence, je ramasse passeports et laptop, Mima prend les affaires de Reem... et puis finalement, les tirs se calment : un cessez-le-feu est annoncé pour 18h... et celui-ci semble tenir à l'heure où je vous parle.

Donc plus de panique qu'autre chose, mais bon, ça commence à être moins drôle...

Je regarde mon mail : l'université devrait ouvrir demain. Je ne sais pas comment cela sera possible, mais bon.

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