mercredi, août 02, 2006

Chronique ordinaire N°8

Et oui, la chronique reprend le bombardement, en même temps que les F16 davido-étoilés. Pourquoi cette trêve ? Simplement pour respecter le deuil des 50 victimes innocentes du massacre de Cana 2 – le retour du fils de la vengeance. C’est drôle quand même, cette bourgade de Cana, surtout connue dans les guides touristiques pour ses jarres en terre dans lesquelles selon la légende, euh, pardon, la Bible, Jésus aurait transformé, sous les yeux médusés de sa mère porteuse, une bouteille d’Apolinaris en du Kiravi cuvée 0010. Mais depuis ce tour de passe-passe digne de Garcimore, Cana s’est surtout distinguée dans l’épandage de sang chiite et la production d’images choc qui n’ont d’équivalent que le poids des mots de Douste Blazy devant l’ambassadeur d’Iran. Oui, il pleut des bombes à Cana, tous les 10 ans… 96, 06. Et le monde terrifié devant tellement de violence exprime sa consternation, son choc, sa détermination à mettre tous les moyens en œuvre pour que ce genre de carnage ne se reproduise plus jamais. Les représentants de nos leaders exaspérés par tant de haine se réunissent pour condamner de la façon la plus forte ce crime odieux. Et puis arrive Bolton, qui postillonne dans sa moustache que Israël est une puissance divine qui prépare la guerre finale contre le monstre immonde de l’Armaggedon et que la victoire du peuple juif sur les terroristes annonce le retour du Messie sur Terre. (Voir à ce sujet le livre de Stefen Sizer « Christian Zionists ».) Du coup, nos diplomates se transforment en petits moutons des montagnes et leurs épées brandies au nom du droit international se transforment en zizis mous de Materazzi. Tiens, à ce propos, la guerre, c’est la faute à Trézéguet : chaque fois que l’Italie gagne la Coupe du Monde, Israël entre au Liban.

Alors ce massacre ? Ben, le truc classique : un ‘asset’ de Hezbollah, dixit l’état major israélien, positionné à 10m d’une maison dans laquelle on a regroupé tous les inutiles du village, c'est-à-dire ceux qui ne combattent pas l’ennemi sioniste. Tsahal, dans sa subtilité habituelle, on va y revenir, arrose le coin de bombes de 2 tonnes chacune. Imaginez 2 voitures lancées du ciel, pleines de napalm, de c4, et autres sucreries explosives, qui tombent sur un 3 étages construit avec toute la finesse d’un ouvrier syrien. Ajoutez 25 enfants handicapés, une dizaine de pauvres femmes abandonnées par leurs résistants de maris, une douzaine de vieux inaptes au combat et vous avez la recette idéale du carnage parfait. Pourtant quand 100 personnes meurent dans la même journée à des endroits différents, on parle d’une journée sanglante. S’ils meurent au même endroit, c’est un carnage. Quand un missile tombe sur Haïfa, c’est un acte terroriste, quand un missile tombe sur la banlieue sud de Beyrouth, c’est une riposte disproportionnée. Apprenez le langage des journalistes, c’est édifiant !!!
Bon, je dérive : revenons à Cana : les israéliens, menacés dans leur chair par un asset du Hezb décident de nettoyer le quartier au Karscher. Résultats : carnage. Pourtant, si cet asset est un missile du Hezb, pointé sur Haïfa, le carnage aurait pu avoir lieu ailleurs… C’eût été pire : on aurait parlé de terrorisme monstrueux et alors là, Bolton aurait certainement écrit la pire des condamnations. Mais finalement, Tsahal a fait le ménage et ils ont frappé tellement fort, qu’on n’a même pas retrouvé l’asset du Hezb. Ils ont bien essayé de nous le dessiner au Photoshop, mais depuis l’affaire des camions d’armes chimiques en Iraq, les membres du Conseil de sécurité (comprenez la sécurité d’Israël) aux Nations Unies ne se font plus avoir. Alors, résultat des courses : 1 jour de deuil, une résolution de l’Onu plus édulcorée qu’une grenadine de chez Géant et des familles qui pleurent, qui pleurent, qui pleurent. Mais comme dirait quelqu’un que je connais toujours bien : ce sont eux qui ont voulu cette guerre…

Depuis, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas du tout le calme plat. Cet arrêt des bombardement, offert par Olmert comme un cadeau à Condoléance Rice, est une aubaine pour Israël : ils sont en train de vider le Sud Liban. Au sens propre du terme. On parle de 900000 déplacés. Il n’y a plus personne… Dans les années 30, on aurait appelé cela un pogrom, dans les années 40, un holocauste, dans les années 80 un génocide, dans les années 90, un nettoyage ethnique. Mais au 21ème siècle, c’est simplement une zone tampon qui assure la sécurité militaire du nord de la Galilée. Israël est en train de créer un no man’s land de 5km de large et de 50km de long. Israël rase des dizaines de villages, dans lesquels les gens ne pourront plus revenir. Comme en 48. Plus de 350 villages arabes ont été évacués, puis rasés par les milices juives sionistes de l’époque. Ils ne sont même plus indiqués sur les cartes. On va donc se retrouver avec presque 1 million de réfugiés à Saïda et à Beyrouth, dont personne ne sait quoi faire, à 2 mois de l’hiver. Mais ça, ce n’est pas le problème de Tsahal. M’enfin.

Et maintenant ? Ben en fait, il se passe plein de trucs : hier soir, on a entendu des hélicos passer très souvent au dessus de notre tête. Et de matin, on a su que les commandos de Tsahal ont capturé des cadres du Hezb cachés dans un hôpital de Baalbeck. Ils y étaient mal soignés parait-il !!! Ils seront en tous cas plus en sécurité en Israël !!! Ca commence d’ailleurs à faire un peu X files ici : tout le monde voit des commandos parachutés dans son jardin et que je te retrouve des boîtes de conserve kasher par ici, que je te retrouve des cartouches tsahaliennes par là. Il y a même un berger qui a disparu en pleine montagne enlevé par des forces de l’ombre… Ouhouh… Les drones en carton survolent la nuit dans un bruit de grosse libellule enrhumée, les apaches bourdonnent tout feux éteints entre Pegasus et Cassiopée. Hier soir, j’ai vu un Apache lâcher des contres mesures magnétiques (et oui, j’ai lu tout Buck Danny, moi !) juste au dessus de la maison de vacances de feu Rafiq Hariri à Faqra. Hariri avait-il ses propres défenses anti-aériennes ? Tout devient très étrange dans cette guerre.

Je voulais finir cette chronique par une petite réflexion sur les israéliens… Pourquoi sont-ils aussi brutaux et sans pitié ? Je crois que cela vient de la nature même de leur pays : ils sont entourés de 300 millions d’arabes qui n’ont pas vu d’un très bon œil l’installation sur les terres arabes, par la force, de 50000 boudineux et de leurs familles de 45 gosses dans des baraques de chantier. Surtout que ces baraques se transforment vite en club Med préfabriqués grâce aux taxes des contribuables américains. Les taxes de français, elles, ont surtout été utilisées pour aider les sionistes à s’équiper de la seule bombinette atomique au Moyen orient. Donc, les israéliens ont une certaine tendance à l’angoisse existentielle. Et chaque fois que leur ersatz de pays est menacé, cette angoisse de la disparition, cultivée par la mémoire de l’holocauste nazi (dans lequel les arabes n’ont absolument rien à voir), transforme de gentilles étudiantes en théologie de Tel Aviv en machines à casser du musulman. « Si c’est pas eux, c’est nous, pensent-elles », ces charmantes émules de Golda Meir. Du coup, la fin justifie les moyens, et les moyens, ils les ont, grâce à la gentillesse de leurs amis américains et français, surtout. Et comme le droit international de s’applique ni à Israël, ni aux USA, rien ne sert de gémir, il faut frapper à point (Sorry, Jean). Voilà pourquoi, à mon humble avis, Israël lave plus blanc. Faut juste dire qu’en face, les dictateurs arabes ne font rien pour arranger leur cause. Quand ils ne se battent pas entre eux, ils génocident leurs propres gens, forcent barbe et Coran aux impies et maintiennent leur population à un niveau de développement qui n’autorise que la reproduction à des fins de fourniture militaire. Quand un pays comme le Liban paye 30% de son PIB en salaires à ses militaires retraités… alors que son armée n’a servi depuis 30 ans qu’à cirer les pompes des armées arabes occupantes. Classe.

Allez, la suite bientôt…

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